Depuis le 1er janvier 2020, l’obligation de mettre en place un plan de mobilité s’impose à toute entreprise de plus de 50 salariés sur un même site, sous peine de sanctions. Pourtant, selon le dernier baromètre de l’Ademe, moins d’un tiers des structures concernées s’y sont conformées.
Dans la réalité, certaines sociétés trouvent des moyens de contourner cette règle, en expliquant par exemple qu’elles dépendent d’une zone qui n’est pas couverte par un Plan de Mobilité Employeur intercommunal. D’autres se contentent d’intégrer des actions minimales dans leur document unique d’évaluation des risques, sans que cela ne change vraiment la façon dont les salariés se rendent au travail.
Plan de mobilité obligatoire en entreprise : une réponse aux défis environnementaux et sociétaux
Le plan de mobilité obligatoire va bien au-delà d’une simple formalité administrative. Ce dispositif s’inscrit dans la dynamique de la transition écologique et accompagne la transformation des modes de travail. Avec les émissions de gaz à effet de serre qui explosent en raison des trajets domicile-travail, la nécessité pour chaque employeur de plus de 50 personnes de repenser la mobilité s’impose avec force. Ce cadre, souvent jugé contraignant, agit en profondeur sur plusieurs aspects majeurs.
- Agir concrètement pour limiter l’empreinte carbone des déplacements quotidiens
- Améliorer la qualité de vie au travail et le bien-être des équipes
- Optimiser la gestion logistique et les dépenses liées à la mobilité
Concrètement, il s’agit de réaliser un bilan carbone des trajets des salariés, d’identifier ce qui freine l’adoption de mobilités durables (transports en commun, covoiturage, vélo), puis de bâtir des solutions sur mesure. Ce processus demande la participation active de tous les collaborateurs, une analyse fine du territoire, et souvent une collaboration étroite avec les acteurs locaux.
Les premiers à se lancer témoignent : le plan de mobilité employeur est un moteur d’engagement collectif. Il met l’employeur au cœur de la lutte contre le changement climatique et contre la pollution urbaine. Derrière chaque initiative, on retrouve l’ambition de transformer les habitudes, de rééquilibrer performance économique et responsabilité sociale, et de renforcer l’attractivité de l’entreprise aux yeux des talents de demain.
Quelles sont les obligations légales pour les employeurs ?
La loi d’orientation des mobilités (LOM) impose aux entreprises de plus de 50 salariés sur un même site de concevoir un plan de mobilité employeur. L’objectif est clair : diminuer les émissions de gaz à effet de serre liées aux trajets domicile-travail, améliorer l’accessibilité et encourager la mobilité durable au sein même de l’organisation. La loi demande des actions concrètes, adaptées à chaque contexte professionnel.
La première étape consiste à réaliser un diagnostic détaillé : comprendre les pratiques de déplacement, interroger les salariés, évaluer les besoins réels. Sur cette base, l’entreprise doit mettre en place des mesures pour favoriser les mobilités durables : encourager le covoiturage, promouvoir l’usage du vélo ou des transports en commun, améliorer la qualité des stationnements vélos sécurisés, installer des bornes de recharge pour véhicules électriques.
Certains dispositifs sont désormais encadrés par la loi, comme l’ouverture obligatoire de discussions sur la mobilité dans le cadre du dialogue social, ou la possibilité de proposer un forfait mobilités durables (FMD). Ce forfait, non soumis aux cotisations sociales jusqu’à 700 euros par an, soutient les salariés qui font le choix de solutions autres que la voiture thermique individuelle.
- Diagnostic mobilité : collecter les données sur les trajets des salariés
- Déploiement de solutions : développer covoiturage, vélo, transports en commun
- Aménagements : installer des parkings vélos, bornes de recharge, ou accorder un soutien financier via le FMD
La loi d’orientation des mobilités encourage aussi les entreprises à collaborer avec l’autorité organisatrice de la mobilité locale pour inscrire leur plan dans une démarche collective sur le territoire. Il ne suffit plus de répondre à une exigence réglementaire : la démarche engage la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise sur la durée.
Mettre en place un plan de mobilité : étapes clés et conseils pratiques
Pour réussir la mise en place d’un plan de mobilité obligatoire, tout commence par un diagnostic mobilité approfondi. Il s’agit d’étudier les trajets domicile-travail, de comprendre les habitudes des salariés, les contraintes géographiques, l’offre disponible en transports en commun ainsi que la configuration des locaux. Ce travail d’analyse, souvent mené avec l’aide de l’Ademe ou des Chambres de commerce et d’industrie (CCI), permet d’identifier les actions vraiment adaptées à l’entreprise.
Ensuite, la concertation s’impose comme une étape incontournable. Associer les équipes, récolter leurs attentes, repérer les obstacles à la mobilité durable : ces échanges révèlent à la fois les besoins individuels et les opportunités collectives. C’est à ce moment-là que naissent les idées : organiser des lignes de covoiturage, créer des groupes vélo, ajuster les horaires pour fluidifier les arrivées. Les meilleures solutions émergent rarement d’un bureau fermé ; elles prennent forme sur le terrain, avec celles et ceux qui vivent la mobilité au quotidien.
La phase suivante consiste à définir une stratégie mobilité durable précise, assortie d’un calendrier et d’indicateurs de suivi. Ce passage à l’action se concrétise par des mesures visibles : installer des parkings vélos sécurisés, mettre à disposition des véhicules électriques, communiquer sur les alternatives en interne, encourager via le forfait mobilités durables.
| Étape | Outil | Partenaire |
|---|---|---|
| Diagnostic mobilité | Enquête interne | Ademe, CCI |
| Concertation | Ateliers, questionnaires | Salariés, représentants |
| Déploiement | Actions ciblées | Autorité organisatrice de la mobilité |
Ce qui fait la différence, c’est la capacité à rassembler tous les acteurs autour d’objectifs concrets, mesurables, et à faire de la transition écologique un levier du quotidien pour l’ensemble de l’entreprise.
Des solutions innovantes pour favoriser la mobilité durable au sein des équipes
Face à la réalité persistante des déplacements domicile-travail, il n’est plus possible pour une entreprise de rester à l’arrêt. Les solutions concrètes existent, parfois inattendues, mais toujours en prise avec la vie réelle des équipes. Le covoiturage s’impose de plus en plus : mutualiser les trajets, désengorger les routes, réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les plateformes spécialisées se développent, rendant l’organisation beaucoup plus simple entre collègues.
Le vélo et le vélo à assistance électrique gagnent du terrain, boostés par l’installation de parkings sécurisés et la mise en place du forfait mobilités durables. Ce soutien financier, très apprécié lors des retours d’expérience internes, agit comme un accélérateur : il favorise l’adoption des modes doux et améliore la qualité de vie au travail.
La mobilité électrique, elle aussi, prend une nouvelle dimension. L’installation de bornes de recharge, la constitution d’une flotte de véhicules électriques ou hybrides : ces évolutions traduisent une volonté d’intégrer la transition écologique au cœur de la stratégie d’entreprise. Les habitudes de déplacement, qu’elles soient quotidiennes ou professionnelles, s’en trouvent profondément modifiées.
Voici quelques leviers qui s’avèrent efficaces sur le terrain :
- Développer des solutions de transports en commun ajustées aux horaires des équipes
- Encourager l’utilisation de moyens partagés avec des systèmes de réservation en ligne
- Mettre en avant l’engagement via des indicateurs mobilité durable intégrés au bilan social
La mobilité employeur n’est plus une case à cocher : c’est un terrain d’expérimentation collective, ancré dans le quotidien des salariés. Le changement s’invite dans chaque trajet du matin, dans chaque choix de déplacement. Et si la mobilité durable devenait, demain, le vrai marqueur d’une entreprise qui avance ?

